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LE CANADA OUVRE LA VOIE AVEC LES PREMIERS PRINCIPES DIRECTEURS DES ACTIVITÉS CLINIQUES SUR L'OSTÉOPOROSE FONDÉS SUR DES PREUVES SCIENTIFIQUES


TORONTO, ON - 12 novembre 2002 - La Société de l'Ostéoporose du Canada (SOC) a dévoilé aujourd'hui les tous premiers principes directeurs des activités cliniques sur l'ostéoporose, fondés sur des preuves scientifiques, au monde. Ces principes directeurs seront publiés dans l'édition du 12 novembre du Journal de l'Association canadienne médicale (JACM) et ont été conçus pour fournir aux médecins du Canada les informations dont ils ont besoin pour diagnostiquer et traiter efficacement cette maladie invalidante. La SOC a mis à jour l'édition de 1996 des " Principes directeurs des activités cliniques pour la prise en charge de l'ostéoporose " à l'aide d'une approche basée sur les preuves scientifiques qui consistait à la consultation de 89 804 résumés analytiques, l'analyse et la notation de 6 941 citations complètes en fonction de la solidité des preuves.
" Grâce à la publication de ces principes directeurs, la SOC continuera de préconiser l'amélioration des soins au Canada et de travailler avec les gouvernements fédéral et provinciaux pour s'assurer du respect des recommandations faites en 2002 et de leur application lors du développement et de la mise en vigueur de nouvelles politiques de santé sur l'ostéoporose ", mentionne Joyce Gordon, présidente-directrice générale de la Société de l'Ostéoporose du Canada. " Ces nouveaux principes directeurs donnent des informations claires et précises aux médecins sur les façons d'identifier et d'évaluer les personnes présentant un risque élevé de développer une ostéoporose, de conseiller adéquatement leurs patients et de les traiter à l'aide de thérapies et de technologies approuvées, ce qui se traduit par une diminution des blessures et des invalidités, une augmentation de la qualité de vie des patients et une réduction des coûts des soins de santé pour la société " ajoute Madame Gordon.

L'ostéoporose touche 1,4 million de Canadiennes et de Canadiens, et les coûts de traitement de cette maladie et des fractures qui en résultent étaient évalués en 1993 à 1,3 milliard de dollars au Canada seulement.1  Les fractures justifient l'importance de la santé publique et de la clinique au sujet de l'ostéoporose.

Des évaluations conservatrices suggèrent qu'une femme caucasienne de 50 ans présente un risque de fracture atraumatique de 40 % pour le reste de sa vie (au niveau de la hanche, des
vertèbres ou du poignet).2 De plus, l'ostéoporose peut grandement affecter la qualité de vie de la personne qui en souffre, la rendant souvent incapable d'exécuter des activités aussi banales que de monter des escaliers ou de faire une marche.

Recommandations clés

Les principes directeurs de 2002 mettent l'accent sur la prévention, le diagnostic et le traitement de l'ostéoporose, avec des recommandations au sujet de l'évaluation de la densité minérale osseuse (DMO), des risques fracturaires, l'alimentation, l'activité physique et les options thérapeutiques disponibles.

Diagnostic

* La SOC recommande à toutes les femmes et tous les hommes de plus de 50 ans de discuter avec leur médecin de leurs facteurs de risque d'ostéoporose.

* Les facteurs de risque majeurs pour identifier les personnes qui devraient avoir un dépistage d'ostéoporose comprennent un âge supérieur à 65 ans, un tassement vertébral, des antécédents de fracture atraumatique après l'âge de 40 ans, une histoire familiale d'ostéoporose fracturaire (surtout s'il y a des antécédents de fracture de hanche chez la mère), une thérapie systémique pour plus de 3 mois à base de glucocorticoïdes, un syndrome de malabsorption, une hyperparathyroïdie primaire, une tendance à faire des chutes, une ostéopénie documentée sur les radiographies, un hypodonagisme et une ménopause précoce (avant l'âge de 45 ans).
 
* Les facteurs de risque mineurs pour identifier les personnes qui devraient avoir un dépistage d'ostéoporose comprennent une arthrite rhumatoïde, des antécédents cliniques d'hyperparathyroïdie, l'utilisation prolongée d'anticonvulsivants, un apport insuffisant en calcium, le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et de caféine, un poids corporel inférieur à 57 kg  (125 livres), une perte de poids supérieure à 10 % à l' âge de 25 ans et une thérapie prolongée à base d'héparine.

* Les quatre principaux facteurs de risque de présenter une fracture sont une faible densité minérale osseuse (DMO), des antécédents de fracture atraumatique après l'âge de 40 ans, l'âge et une histoire familiale d'ostéoporose.

* L'évaluation de la DMO devrait respecter les normes et les niveaux d'exécution acceptables tels qu'indiqués dans le nouveau document portant sur les normes établies par le panel canadien de l'International Society for Clinical Densitometry.

* Selon les normes, l'ostéoporose ne peut être diagnostiquée que par une densitométrie osseuse (DEXA), avec des mesures au niveau de la hanche, de la colonne et de l'avant-bras.

* Toute personne âgée de plus de 65 ans devrait avoir une évaluation de la DMO.

* Les personnes de plus de 50 ans présentant au moins un facteur de risque majeur ou deux facteurs de risque mineurs devraient avoir une évaluation de DMO.

* Une évaluation de la densité osseuse est également recommandée chez les femmes en post-ménopause qui présentent des facteurs de risque fracturaire.

* Le résultat de la densité osseuse doit être considéré avec les autres facteurs de risque de fracture.

* L'évaluation clinique combinée à une évaluation de DMO surpasse toute autre simple méthode d'évaluation du risque avec l'âge, la DMO et les antécédents de fracture étant les meilleurs indicateurs de risque.

* L'utilisation de techniques comme les ultrasons ou autres appareils de mesure de densité osseuse au niveau de différents sites comme la main ou le talon n'est pas encore approuvée. Un diagnostic d'ostéoporose ne peut donc être posé à l'aide de ces différentes technologies


Prévention et traitement

* Des apports supérieurs en calcium et en vitamine D sont recommandés, surtout chez les adultes âgés de  plus de 50  (calcium 1 500 mg/jour et vitamine D 800 UI/jour).

* Les enfants, surtout à l'approche ou lors de la puberté, devraient pratiquer des exercices ou des sports avec impact (principalement des sports de terrain ou de court).

* Les hommes et les femmes devraient faire de l'exercice tout au long de leur vie, surtout des exercices avec mise en charge comme la marche rapide, la course ou la danse.

* Les bisphosphonates (Didrocal, Fosamax et Actonel) et le raloxifène (Evista) sont des thérapies de premier choix pour la prévention et le traitement de l'ostéoporose chez les femmes ne présentant pas de symptômes ménopausiques (vasomoteurs).  L'hormonothérapie n'est plus " la règle d'or " dans le traitement.

* L'ipriflavone, la vitamine K et le fluor ne sont pas recommandées pour le traitement de l'ostéoporose chez les femmes en post-ménopause. De plus, ces thérapies ne sont pas recommandées chez les hommes et les femmes en pré-ménopause. Toutefois, l'ipriflavone peut être considérée comme thérapie préventive de second recours chez les femmes en post-ménopause.

" Il y a eu beaucoup de progrès scientifiques dans la recherche sur l'ostéoporose au cours des dernières années, mais ces connaissances ne sont pas passées avec succès à la pratique clinique courante. C'est pourquoi de nombreux patients à haut risque n'ont toujours pas été diagnostiqués et ne reçoivent pas de traitement ", mentionne Jacques Brown, directeur du Comité consultatif scientifique de la Société de l'Ostéoporose du Canada et chef du service de rhumatologie du Centre hospitalier universitaire de Québec. " Les principes directeurs de la SOC aideront à remédier à ce problème en fournissant aux généralistes les plus récentes données scientifiques dans le domaine de la recherche clinique, de façon à ce que les décisions concernant les soins de santé soient adaptées aux besoins des patients, ce qui se traduira par une amélioration du processus de soins et des résultats optimaux ", ajoute le Dr Brown.

La SOC a également permis la création des premières normes internationales d'évaluation de densité osseuse. Ces normes établissent le niveau minimal de qualité requis lors d'une évaluation de DMO et de la rédaction du rapport d'examen, et ont été établies par le panel canadien de l'International Society of Clinical Densitometry.

Bien que les fractures ostéoporotiques soient une cause importante de morbidité, d'invalidité et de mortalité, elles peuvent être prévenues. Il existe certaines mesures importantes que peuvent adopter les gens et différentes thérapeutiques pour aider à réduire le risque de développer une ostéoporose. En apportant des changements à son style de vie, comme maintenir une alimentation équilibrée et riche en calcium et en vitamine D, faire suffisamment d'activité physique, surtout des exercices avec mise en charge, et cesser de fumer, les gens peuvent considérablement améliorer la santé de leurs os.

" J'ai été stupéfaite d'apprendre qu'on n'est pas à l'abri de l'ostéoporose même si on mène une vie équilibrée, basée sur les préceptes reconnus qui mènent à la santé.  Ma petite ossature et une ménopause très précoce ont fait de moi une candidate idéale pour l'ostéoporose ", a dit Louise Lafond de Montréal, souffrant d'ostéoporose depuis quelques années.

" Lorsque le diagnostic est tombé, je me suis sentie bien seule et désemparée.  Heureusement qu' un organisme comme la Société de l'Ostéoporose du Canada existe pour nous informer, nous épauler et nous guider dans le processus d'acceptation ", a ajouté madame Lafond.  Aujourd'hui, madame Lafond demeure très active mais fait les choses différemment.  Elle laisse son corps prendre la parole et la guider dans ce qu'elle peut ou ne peut pas faire.  " Avec les années, j'ai découvert que le corps a l'instinct et l'intelligence pour s'autoguérir et qu'il possède la capacité de répondre très dynamiquement aux stimuli qu'on lui donne " a conclu madame Lafond.

Novembre est le mois de l'ostéoporose et du 20e anniversaire de la Société de l'Ostéoporose du Canada. La SOC est la source prééminente d'information fiable sur l'ostéoporose au Canada. La Société, de concert avec des bénévoles, des sections et des groupes de soutien partout au Canada, se consacre à éduquer, habiliter et soutenir les personnes et les communautés dans la prévention et le traitement de l'ostéoporose. Pour améliorer le processus de soins, la SOC travaille également avec des médecins et d'autres professionnels de la santé pour accroître leurs connaissances sur l'ostéoporose, le diagnostic et le traitement. La Société met à la disposition du public une ligne 1 800 de même qu'une grande variété de ressources documentaire et de programmes d'éducation. Pour des informations en français, faites le 1800 977-1778, ou le 1800 463-6842 pour des informations en anglais. Vous pouvez également visiter notre site Internet au www.osteoporosis.ca.

Références
1Site Internet de la Société de l'Ostéoporose du Canada (www.osteoporosis.ca).
2Brown, JP, Josse, RG et. al.  2002 Clinical Practice Guidelines for the Diagnosis and Management of Osteoporosis in Canada.  2002:5.